Notre-Dame

Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »(Lc 1, 38)

Cathédrale de Clermont ; statue
Assomption de Notre Dame

Marie est omniprésente dans sa cathédrale : dans les vitraux, en statues, en tableaux.

D’après la Tradition, Étienne II, évêque de Clermont au Xème siècle, aurait consacré la cathédrale nouvellement construite à la sainte Vierge, et y aurait placé une statue reliquaire contenant des reliques que saint Austremoine aurait lui-même apportées de Terre sainte : reliques de la Passion, et “des cheveux de la Vierge, de son lait, et un vêtement fait par elle…” (voir la Canone).
Sous l’Ancien Régime, toutes les fêtes de la Vierge étaient des fêtes solennelles : Annonciation (le 25 mars), Purification (le 2 février), Conception (le 8 décembre), Nativité (le 8 septembre), Assomption (le 15 août). (Ms 56, f°62v-63r).

Suivons la sainte Vierge à travers les mystères de sa vie :

 

L’ANNONCIATION

Annonciation, médaillon de Gaudin, XXe, cathédrale de Clermont

Annonciation, médaillon de Gaudin, XXe, cathédrale de Clermont

Le sixième mois, l’Ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth, à une vierge fiancée à un homme nommé Joseph, de la maison de David ; et le nom de la vierge était Marie. Il entra auprès d’elle et lui dit « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi…. » (Luc1, 26-32)

Avec Marie sont accomplies les promesses, les prophéties de l’ancien Testament,
et commence l’Église sans tache ni ride, dans la plénitude de l’Esprit Saint. (Saint Jean-Paul II)

 

L’Annonciation est  une des plus anciennes fêtes chrétiennes : dès la fin du Ve siècle, elle est célébrée à Rome le 25 mars, neuf mois avant la fête de Noël. Dans le diocèse de Clermont, jusqu’au XVIe s, elle marquait le début de l’année (style de l’Annonciation).

Elle a plusieurs représentations dans la cathédrale de Clermont, en vitraux et en tableau. Les médaillons sont du XIIe, du XIXe, et du XXe siècle. Le tableau est du XVIIe. Leur comparaison permet de voir comment certains aspects du mystère ont été approfondis, suivant les époques.

Nous allons vous commenter le médaillon roman, du XIIe, et le tableau du XVIIe, oeuvre de Sébastien Bourdon.

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médaillon roman, cathédrale de Clermont, Annonciation

médaillon roman, cathédrale de Clermont, Annonciation

Ce médaillon se trouve dans la chapelle Sainte-Anne. Restauré par Gaudin au début du XXe, il n’a gardé qu’une partie de sa composition d’origine : l’ange a perdu son bras gauche, et la Vierge Marie n’a plus son épaule et bras gauche originaux. On peut émettre quelques hypothèses en comparant cette scène avec les icônes orthodoxes ayant une composition analogue. Malheureusement, le décor a lui aussi disparu…

La Mère de Dieu est assise sur un trône, dans une attitude majestueuse ; c’est le trône de Gloire, montrant la dignité royale de la Vierge Marie. Ses pieds reposent sur un somptueux piédestal.  Elle est vêtue à la mode byzantine, portant une robe (la stola), et une sorte de manteau lui couvrant la tête (le maphorion). Sa robe est verte, son manteau pourpre ou violet. On distingue ses chaussures rouges. Il est possible que sa main gauche ait tenu le fil pourpre pour le voile du Temple, qu’elle était en train de filer lors de l’apparition de l’Ange, suivant la tradition.

Elle présente la paume de sa main droite ouverte devant sa poitrine. Par ce geste, elle exprime son étonnement devant ce visiteur céleste, mais également son acceptation du mystère : la crainte de Dieu, premier des dons du Saint-Esprit, la pénètre toute entière. Son geste manifeste sa soumission à la volonté divine, et son “Fiat” au message de l’archange Gabriel.

A sa gauche se trouve Gabriel, qui semble à peine toucher terre. Ses pieds sont nus. Il bénit Marie de la main droite, (le pouce touchant l’annulaire), et il est vraisemblable qu’il ait tenu de la main gauche un bâton , signe qu’il était un messager. Une aile de l’archange est déployée, l’autre est levée, comme pour souligner sa descente rapide du ciel.

Le contraste entre l’attitude de l’Ange, tout en mouvement, et l’attitude figée, hiératique, de la Vierge Marie, et l’opposition entre les teintes claires du vêtement de l’Ange, qui soulignent la lumière divine, et celles, plus sombres, du vêtement de Marie souligne l’antithèse entre l’apparition divine, et la nature humaine de la Vierge Marie. Dieu prend l’initiative, mais sa volonté est soumise au libre consentement de la Vierge. Celle-ci est la première à recevoir la lumière du Salut.

Cathédrale de Clermont, tableau de Sébastien Bourdon, retable des Ursulines, Annonciation

Tableau du retable des Ursulines, XVIIe,

Ce tableau se trouve dans le retable de la chapelle de l’Assomption. Ce retable a été parfaitement étudié par Mme Catherine Carton, et on sait maintenant qu’il provient de l’ancienne chapelle des Ursulines de Clermont. On ignore malheureusement si le tableau avait été placé dès l’origine dans ce retable.

Les Amis de la cathédrale ont proposé à la DRAC de financer la restauration de ce tableau il y a quatre ans. L’étude est en suspens, nous souhaitons vivement que cela aboutisse, pour admirer les vives couleurs de l’oeuvre originale . Elle est maintenant clairement identifiée comme étant le travail de Sébastien Bourdon, peintre calviniste né à Montpellier en 1616, et considéré dans la seconde moitié du XVIIe siècle comme l’un des peintres majeurs du classicisme français. On ne connaissait qu’une gravure de ce tableau de l’Annonciation.

Le décor souligne une dissymétrie spatiale et dynamique, établie sur une diagonale, et montre des personnages qui appartiennent à des mondes différents. La Vierge Marie se trouve à gauche, agenouillée sur un prie-Dieu, incitant le témoin de la scène à faire de même. L’archange Gabriel lui apparaît, entouré d’angelots. L’ange échappe à la pesanteur alors que la jeune fille est terrestre.Le ciel envahit tout à coup la cellule où prie la Vierge. On devine un bouquet dans un coin … mais le mauvais état du tableau ne permet pas de le distinguer. L’ange aux ailes déployées occupe les deux tiers de la scène, saisi en plein vol, il descend du ciel vers elle, entouré d’angelots. Le geste de sa main, ses ailes, ses vêtements participent au mouvement. De sa main gauche, il désigne la colombe de l’Esprit-Saint. Une lumière flamboyante en émane, et traverse le tableau jusqu’au ventre de la Vierge, lieu où Dieu s’incarne. La Vierge, agenouillée devant un livre ouvert, exprime son étonnement devant ce visiteur céleste ; elle est troublée, elle manifeste l’humilité de la créature touchée par le mystère de Dieu. Ses deux mains sont devant sa poitrine, en un geste qui exprime son accord à la volonté divine.

Des vapeurs nuageuses, tour à tour sombres et lumineuses, font disparaître le prie-Dieu, les murs : nous ne sommes plus sur la terre, mais dans le ciel. Des angelots font cortège à l’archange. Les anges, le ciel tout entier et Dieu lui-même, attendent la réponse de la Vierge. La piété ne concevait plus après le concile de Trente l’Annonciation comme un dialogue sans témoin ; il fallait que le ciel entier y participe.
« L’Annonciation triomphale, qui unit le ciel à la terre, née en Italie, au XVIe siècle, fut bientôt celle de toute l’Europe catholique. Ce fut celle de la France à partir du XVIIe siècle. Les anges seront plus ou moins nombreux, la chambre se dissoudra plus ou moins en brouillard, mais l’archange Gabriel, un lis à la main, entrera toujours porté par un nuage. C’est là le trait essentiel de la nouvelle Annonciation. » (P. Emile Berthoud)

VISITATION

Visitation, XXe

En ces jours-là, Marie partit et se rendit en hâte vers la région montagneuse, dans une ville de Juda. Elle entra chez Zacharie et salua Élisabeth. Et il advint, dès qu’Élisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l’enfant tressaillit dans son sein, et Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint. Alors, elle poussa un grand cri et dit :
«  Bénie es-tu entre toutes les femmes, et béni le fruit de tes entrailles… » (Luc 1,39-43)

Marie se rendit en hâte vers la maison de sa cousine Élisabeth :
la Foi et l’Espérance conduisent à l’amour du prochain. (Saint Jean-Paul II)

NATIVITÉ

cathédrale Clermont : Nativité
Vitrail roman

Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, à la ville de David qui s’appelle Bethléem, afin de se faire recenser avec Marie, sa fiancée qui était enceinte. Or il advint, comme ils étaient là, que les jours furent accomplis où elle devait enfanter. Elle enfanta son fils premier né, l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place dans la salle…. (Luc 2,4-7)

Heureux ceux qui font une place à l’enfant qui survient et que certains rejettent,
à la personne que la société trouve inutile,
à la personne qui souffre dans son corps ou dans son esprit,
à celle qui a oublié sa dignité humaine…
(Saint Jean-Paul II)

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