Les bonnes pratiques pour visiter une église

Vierge en majesté, trésor de la Cathédrale de Clermont
Issoire, chevet, détail
Chapiteau de Mozat, XIIe, les soldats endormis
Mozat, chasse, construction de l'église, photo Bernard Craplet

.

Visiter une église dans le Puy-de-Dôme

Les églises d’Auvergne constituent un témoignage spirituel, historique, culturel, architectural, souvent exceptionnel et ouvert librement à tout visiteur.
Malheureusement, les actes d’incivilités assez fréquents de nos jours, obligent souvent à les tenir fermées, il faut alors se renseigner pour trouver comment se les faire ouvrir : parfois la mairie, une personne du village en charge des clés…

Le diocèse édite une plaquette donnant des indications utiles pour certaines églises.

 

Avant d’entamer la visite, voici les différents types d’édifices qu’il est possible de rencontrer

 

Abbatiale : un des éléments d’un monastère dirigé par un abbé ou abbesse. Parfois désigné sous le terme Moutier.
exemple : Saint-Austremoine d’Issoire

.

Basilique : à l’origine, église comportant plusieurs nefs et travées construite sue le plan d’édifices romains. Puis, titre donné au XIXe siècle par le pape à certaines églises, souvent des lieux de pèlerinage ou de culte millénaire
exemple : Notre-Dame d’Orcival

.

Cathédrale : église où se trouve la cathèdre, le siège de l’évêque. C’est l’église de l’évêque, et aussi l’endroit où se réunit le chapitre cathédral, ensemble de chanoines, chargés de prier pour le diocèse et d’assister l’évêque.
exemple : Notre-Dame de Clermont

.

Collégiale : église administrée à l’origine par un collège de chanoines
exemple : collégiale Notre-Dame d’Herment

.

Chapelle : édifice dans lequel on trouve un autel. Une église peut comporter plusieurs chapelles, dans le déambulatoire ou les bas-côtés. On trouve aussi des chapelles dans les hôpitaux, les établissements scolaires, les prisons. Ce peut être aussi un édifice isolé, dédié à un saint.
exemples : Billom, chapelle de la Salette ; Lachamp, chapelle Saint-Aubin

.

Eglise paroissiale : église qui était le centre d’une paroisse. De nos jours, la paroisse regroupe plusieurs églises.
exemple : église de Bromont-Lamothe

.

Oratoire : petit édifice voué au culte d’un saint
exemple : oratoire de Sarpoil.

.

Prieuré : église dépendant à l’origine d’une abbaye et dirigée par un prieur.
exemple : église Sainte-Croix de Ris

.

Sainte-Chapelle : chapelle fondée par un prince descendant de saint Louis pour abriter des reliques de la Passion. Dans le diocèse de Clermont, on trouve les Saintes-Chapelles de Riom (Jean de Berry), de Vic-le-Comte (fondée par Jean Stuart, duc d’Albany et régent d’Écosse, et Anne de La Tour, comtesse d’Auvergne et de Boulogne), et d’Aigueperse (fin XVe, à l’initiative de Louis de Bourbon).
exemple : Sainte-Chapelle de Vic-le-Comte

frise cathédrale de Clermont

.

Différents styles présents dans le Puy-de-Dôme

.

Style roman du  Xe au XIIe siècle, caractérisé par des murs épais, des contreforts, des ouvertures assez peu nombreuses en forme de cintre.

Style gothique du XIIe au XVe siècle. Le but du gothique est de faire entrer la lumière dans les édifices, les ouvertures sont plus nombreuses et plus grandes en forme d’arcs brisés. Des arcs-boutants soutiennent les murs.

Styles néo- roman et néo-gothique fréquents au XIXe siècle Imitation des styles originaux.

Il n’existe pas d’église baroque. Quelques églises ont été construites dans les années 1950-1970 : Notre-Dame de la Route ou Saint-Austremoine à Clermont, etc…

Saint-Nectaire, église, photo Bernard Craplet
Aigueperse, église
Clermont, église Saint-Joseph, néo-roman
frise cathédrale de Clermont

.

Principaux points à considérer lors d’une visite.

.

Visite extérieure

 

  • Emplacement de l’église

Où l’église est-elle située ? Sur une hauteur : est-ce  une ancienne chapelle castrale lié à un château qui a peut-être disparu .

Est-elle englobée dans les bâtiments d’un bourg : fait-elle partie d’un fort villageois ?

Est-elle encore entourée du cimetière ?

  • Le bâtiment :

Quelle est sa couleur ? A partir de la du fin XIIe, les édifices religieux utilisent  souvent la pierre de Volvic, mais auparavant on employait les pierres locales, plus friables : arkose, grès…

L’église est-elle orientée : chevet tourné vers l’est, vers la lumière symbole du Christ.

Est-elle composite ? Dans ce cas de quel style sont les différentes parties :  style roman, gothique, néo-gothique, moderne ?…. En Auvergne, la plupart des églises ont conservé une partie romane, en général le chevet. Dans le diocèse, les chevets sont souvent remarquables (ND du Port, St-Austremoine d’Issoire…)

Regarder le toit et identifier les matériaux qui recouvrent l’édifice : lauzes, tuiles romaines, plomb.

Si c’est possible, faire le tour pour voir si il y a des chapelles rayonnantes, et des sculptures : modillons, corbeaux…

Souvent en Auvergne, la porte d’entrée en bois est recouverte de bandes de fer forgé fixées à la porte par de gros clous. Comment est le portail ? Souvent sculpté, encadré par des chapiteaux.

Dans certaines régions, au-dessus du portail, on peut voir des tympans sculptés. Il y en a très peu en Auvergne.

Le plus souvent, l’église est en forme de croix latine, commémorant la croix du Christ. Cette forme est plus visible si le transept est saillant. Est-ce le cas ?

Visite intérieure

 

  • Dans la plupart des églises, le portail principal s’ouvre sur le narthex, sorte de vestibule qui donne accès à la nef, allée qui mène jusqu’au chœur.
  • Entre la nef et le chœur se trouve le transept, nef transversale qui coupe à angle droit la nef principale et  lui donne ainsi la forme symbolique d’une croix latine. Le point central du transept s’appelle la croisée du transept à égale distance de la nef et du chœur.
    .

Il peut exister une séparation entre la nef et le chœur : poutre de gloire, jubé…

  • De part et d’autre de la nef centrale peuvent se trouver des nefs latérales ou bas-côtés, séparés de la nef principales par des piliers. Les piliers sont marqués d’une croix, tracée lors de la dédicace de l’église.

Le haut des piliers romans est couronné d’un chapiteau sculpté de motifs décoratifs ou narratifs.  Il existe dans le Puy-de-Dôme des milliers de chapiteaux, allant de la sculpture très savante à une sculpture plus fruste. L’art gothique abandonnera peu à peu la sculpture historiée des chapiteaux.

  • Les voûtes donnent une indication de du style de l’édifice : plein cintre pour le roman et le néo-roman ; arc brisé (ogives) pour le gothique et le néo-gothique…..
    .

Les peintures murales sont fréquentes dans les églises, elles ont une fonction à la fois décorative et narrative. Malheureusement, elles ont été détruites au cours des siècles, recouvertes ou effacées. On a la chance en Auvergne d’avoir une grande variété de fresques ou peintures…

Les cryptes sont un élément constitutif des églises romanes. Elles servaient à abriter des sépultures ou honorer les reliques des saints.

.

Mobilier

 

Le  choeur est la partie fondamentale de l’église : c’est là où le prêtre célèbre la messe, proclame l’Evangile. C’était là où il célébrait les Vêpres le dimanche après-midi.

 

On y trouve l’autel, le Tabernacle, l’ambon et le siège du célébrant.

 

L’autel, table consacrée sur laquelle le prêtre célèbre la messe. Après la messe, les hosties consacrées sont déposées dans le tabernacle : une lumière rouge signale la présence de Jésus hostie.
En avant de l’autel se trouve une sorte de pupitre, l’ambon, où est lue la parole divine et où le prédicateur prononce son homélie.

.

Dans le corps de l’église se trouve un type de mobilier qui ne sert pratiquement plus
depuis Vatican II.

La chaire, tribune élevée d’où parlait le prédicateur. Elle est souvent surmontée d’un abat-voix qui rabat le son vers l’auditoire.  La sonorisation en a fait disparaître l’utilité.

Le confessionnal, sorte d’isoloir dans lequel le prêtre entend la confession du pénitent et lui donne l’absolution. Il est beaucoup moins utilisé de nos jours, on préfère un lieu plus ouvert.

Entraigues-église, autel, siège, tabernacle

Dans les années 60 un émailleur a beaucoup travaillé pour l’art sacré : Jean Jaffeux. A Entraigues, à côté de Riom, le mobilier liturgique du choeur : autel, tabernacle, ambon, siège sont de lui.

.

.

Chaire cathédrale de Clermont

.

.

Chappes, église, confessionnal

Les reliquaires sont des objets, généralement des coffrets ou des pièces d’orfèvrerie, qui contiennent des reliques des saints. Les reliques peuvent être des os, des morceaux de tissus ayant touché le corps des saints…

Reliquaire, Trésor de la Cathédrale de Clermont

Reliquaire, Trésor de la Cathédrale de Clermont

frise cathédrale de Clermont
Bansat, église, Vierge à l'enfant du XIVe

Les statues qui ornent nos églises sont le reflet du culte des saints à travers les siècles. Elles ne sont pas l’objet d’adoration, qui n’est due qu’à Dieu, mais de vénération.
On peut demander sa protection à un saint, ou son intercession auprès de Dieu. La Vierge, mère de Dieu, est omniprésente ainsi que les saints de l’église universelle, les apôtres, …Les saints peuvent être le témoignage d’une dévotion locale particulière ou être les saints patrons d’une corporation (ex saints Crépin et Crépinien pour les cordonniers).

Les statues peuvent être en bois, en pierre, bronze ou  plâtre. On ne détruit pas une statue : une fois démodées, elles étaient soit brûlées, soit enterrées, ou encore emmurées.

 

Les tableaux illustrent la représentation de Dieu, des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament, des épisodes de la vie des saints. Le  christianisme offre une grande variété de thèmes : le Christ et la Vierge Marie sont les 2 figures privilégiées. Les tableaux sont parfois des ex-voto : offerts pour une grâce reçue…

Le chemin de croix, dévotion introduite au XIXe siècle, permet aux fidèles de retracer le parcours du Christ pendant sa Passion : ce sont des tableaux, en général 14, qui tapissent les murs latéraux.

Simon Vouet, Lavement des pieds, trésor de la Cathédrale de Clermont

Enfin, n’oublions pas l’orgue!

 

Cathédrale de Clermont ; grand orgue

Grand orgue de la cathédrale de Clermont

frise cathédrale de Clermont