Thuret : église Saint-Limin

Eglise Thuret, vue générale
Eglise de Thuret, plan Bernard Craplet
Eglise de Thuret, plan Bernard Craplet

La cure était jusqu’à la Révolution à la présentation des religieux de Saint-Alyre.

Le patron de l’église est saint Martin, et le titulaire saint Limin, dont l’église possédait des reliques.

En 1702, il y avait trois autels secondaires : Saint-Antoine, Saint-Roch, et Notre-Dame.

Saint Limin est seulement connu par les écrits de Grégoire de Tours ; on pense qu’il subit le martyre avec saint Antolien au IIIe siècle. Ses reliques étaient conservées  dans l’abbaye Saint-Alyre avant d’arriver à Thuret.

Thuret, église, reliquaire de saint Limin, photo B. Craplet
Thuret, église, reliquaire de saint Limin, photo B. Craplet

L’église a été construite au 11e siècle : la nef et le bas-côtés, et au 12e siècle ; le transept et l’abside centrale, ainsi que les absidioles. Au 15e siècle, on aménagea les voûtes avec croisée d’ogives de la nef. Elles reposent sur des culots en forte saillie (avec tête). Quelques modillons, monstres ou feuillage, soulignent la corniche.

L’église possède trois nefs, le transept est peu débordant. Sur la croisée s’élève une coupole sur trompes, le clocher fut rebâti au XIXe. Côté nef, on trouve un arc diaphragme percé de baies jumelles, côté est, se trouve une fenêtre cantonnée de deux colonnes. Les 4 grands arcs de la croisée reposent sur des colonnes engagées par l’intermédiaire de chapiteaux à feuillage.

Le chœur est en hémicycle, le cul de four s’élève en retrait. Le mur est décoré d’une arcature assez trapue, 7 arcs reposent sur 8 colonnettes dégagées, le plus grand est dans l’axe.

Les collatéraux sont couverts en arc de berceau.

église de Thuret, culot avec tête
église de Thuret, la nef
église de Thuret, croisée du transept
église de Thuret, collatéraux
église de Thuret, voûtes
église de Thuret, choeur
église de Thuret, vue générale

A la Révolution, la partie supérieure du clocher central est abattue, puis reconstruite au début du 19e siècle en style roman. Différentes restaurations furent effectuées au cours des 19e et 20e siècles. En 1894, une nouvelle cloche fut bénie.

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Deux portails permettent d’accéder à l’église, au sud et à l’ouest. Les deux portes sont surmontées d’un linteau en bâtière, et encadrées de colonnettes avec chapiteaux. Le plus extraordinaire est celui de la porte sud : deux anges, identifiés par leurs inscriptions (Hic est scs Micael, ecce imago sci Gabrielis) soutiennent une mandorle où trône un Christ barbu, tenant un livre où on lit Alpha, Omega (inscription : dominus IHS. XPS- de deux lettres superposées X et P, correspondant aux lettres grecques X (Khi) et P (rho) comme initiales du mot grec Christòs = Oint, traduit en hébreu par Messie.). L’archivolte est soulignée d’une frise de billettes. Deux chapiteaux encadrent le linteau, le tailloir du chapiteau de droite est orné de 3 rangs de billettes.

église de Thuret, linteau sculpté
église de Thuret, linteau sculpté
église de Thuret, linteau sculpté
église de Thuret, linteau sculpté
église de Thuret, linteau sculpté
église de Thuret, linteau sculpté, tête de Christ

Les chapiteaux sont remarquables, mais frustes et difficiles à interpréter. On trouve 64 chapiteaux romans, ils sont de deux styles, 51 sont ornementaux, à feuillages ; 8 sont zoomorphes, dont 2 historiés : aigle, échassier, griffons, singe, deux se rapportent à des thèmes bibliques : péché originel, et Daniel. Un chapiteau « à la colonne » représente 4 personnages

1 premier côté sud : singe

2 premier côté nord : aigle

3 entrée du chœur est : échassier

4 tiges à entrelacs : 3 chapiteaux

5 péché originel

6 au niveau du portail sud gauche : masques

7 au niveau du portail sud droite : griffons, Daniel dans la fosse aux lions

8 entrée du chœur : ouest porteur de mouton

9 portail sud intérieur : 4 personnages encadrant une colonne

église de Thuret, chapiteau
église de Thuret, chapiteau
église de Thuret, chapiteau
église de Thuret, chapiteau
église de Thuret, chapiteau
église de Thuret, chapiteau

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Le mobilier est pauvre, et date surtout du XIXe : statues de sainte Catherine, de saint Blaise, de saint Limin, saint Roch ; seules deux statues sont anciennes : une réplique de la Vierge noire du Puy, peut-être du XVIIe, et une Vierge à l’Enfant du XVIIIe.

Deux tableaux du XVIIe sont remarquables : une sainte Madeleine, et un saint François d’Assise.

église de Thuret, tableau saint François d'Assise, XVIIe

Enfin, impossible de quitter Thuret sans évoquer le souvenir de saint Bénilde , né le 14 juin 1805 à Thuret et mort le 13 août 1862 à Saugues. Il est un  Frère des Écoles Chrétiennes et a consacré sa vie à l’éducation des jeunes. Il a été canonisé 1967 par le pape Paul VI, sa fête est le 13 août.

Il est invoqué pour la guérison des cancers, et pour l’éducation des enfants.

Bibliographie:

Caroline Roux, L’église priorale Saint-Genès de Thuret. SPARSAE [Revue semestrielle de l’Association culturelle d’Aigueperse et ses environs], n°1, hors-série, 2003, 56 p.